{"id":1224,"date":"2025-06-25T08:39:46","date_gmt":"2025-06-25T06:39:46","guid":{"rendered":""},"modified":"2025-06-25T08:39:46","modified_gmt":"2025-06-25T06:39:46","slug":"womens-voices-celine-nicolas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/2025\/06\/25\/womens-voices-celine-nicolas\/","title":{"rendered":"Women&rsquo;s voices: C\u00e9line Nicolas"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_185261\" style=\"width: 315px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/nicolas-celine-r.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-185261\" class=\"wp-image-185261\" title=\"C\u00e9line Nicolas. Cr\u00e9dit photo : Anaud Rodriguez, universit\u00e9 de Bordeaux\" src=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/nicolas-celine-r.jpg\" alt=\"C\u00e9line Nicolas. Cr\u00e9ait photo : Anaud Rodriguez, universit\u00e9 de Bordeaux\" width=\"305\" height=\"305\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-185261\" class=\"wp-caption-text\">C\u00e9line Nicolas<\/p><\/div>\n<p>Pour ce nouvel \u00e9pisode de notre s\u00e9rie Women&rsquo;s voices, Milesa Simic a rencontr\u00e9 <a href=\"\/?p=114398\">C\u00e9line Nicolas<\/a>, responsable de l&rsquo;\u00e9quipe <a href=\"\/?p=170860\">NEED<\/a> \u00e0 l&rsquo;INCIA depuis janvier 2024. Elle revient sur son parcours et l&rsquo;\u00e9quilibre entre vie personnelle et vie professionnelle.<\/p>\n<p><strong>Milesa Simic : Pourriez-vous nous pr\u00e9senter votre parcours ?<\/strong><\/p>\n<p><strong>C\u00e9line Nicolas :<\/strong> J\u2019ai un parcours acad\u00e9mique assez classique. Mon objectif initial \u00e9tait de devenir professeure de biologie. J\u2019ai donc commenc\u00e9 une licence de biologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Limoges, que j\u2019ai termin\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Poitiers avec une sp\u00e9cialisation en Physiologie Animale et Neurosciences. Cette troisi\u00e8me ann\u00e9e de licence a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation, c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019ai su que je voulais m\u2019orienter vers les neurosciences et devenir chercheuse. J\u2019ai donc poursuivi avec un master en Physiologie, Pharmacologie et Neurosciences. Pendant mon master, mes stages portaient sur la transplantation cellulaire dans des mod\u00e8les murins de maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives. De l\u00e0 est n\u00e9e la question centrale qui guide encore mes recherches aujourd\u2019hui : <em>comprendre le cerveau en conditions pathologiques et comment lui rendre ses fonctions physiologiques\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019issue du master, j\u2019ai naturellement souhait\u00e9 poursuivre en th\u00e8se. J\u2019ai alors pass\u00e9 plusieurs concours d\u2019\u00e9coles doctorales mais sans succ\u00e8s, puis j\u2019ai eu la chance que Dr. Marcello Solinas me propose de rejoindre son \u00e9quipe au Laboratoire de Neurosciences Exp\u00e9rimentales et Cliniques \u00e0 Poitiers. J\u2019y ai \u00e9tudi\u00e9 l\u2019impact des facteurs environnementaux sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la rechute aux drogues. Apr\u00e8s la th\u00e8se, j\u2019ai effectu\u00e9 une ann\u00e9e en tant qu\u2019attach\u00e9e temporaire d\u2019enseignement et de recherche dans le m\u00eame laboratoire.<\/p>\n<p>J\u2019ai ensuite entam\u00e9 mon premier postdoctorat au National Institute on Drug Abuse (NIDA) \u00e0 Baltimore, encadr\u00e9e par Dr. Yavin Shaham et Dr. Satoshi Ikemoto. Durant ces trois ans et demi, je me suis int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l\u2019influence du sexe sur la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la rechute. Forte de ma formation en neurosciences comportementales, j\u2019ai voulu approfondir mes connaissances sur les neurosciences des circuits. J\u2019ai donc d\u00e9but\u00e9 un second postdoctorat dans le laboratoire de la Dr. <a href=\"\/?p=79823\">Anna Beyeler<\/a>, au Neurocentre Magendie, Bordeaux Neurocampus. Pendant ces quatre ans et demi, j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 le r\u00f4le du cortex insulaire et de ses projections dans les comportements anxieux.<\/p>\n<div id=\"attachment_185134\" style=\"width: 370px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/nicolas-celine-equipe-scaled.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-185134\" class=\"wp-image-185134 size-medium\" src=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/nicolas-celine-equipe-360x240.jpg\" alt=\"\" width=\"360\" height=\"240\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-185134\" class=\"wp-caption-text\">L&rsquo;\u00e9quipe de C\u00e9line Nicolas en juin 2025.<\/p><\/div>\n<p>En fin de postdoctorat,<a href=\"\/?p=161249\"> j\u2019ai postul\u00e9 au programme ATIP-Avenir, dont j\u2019ai \u00e9t\u00e9 laur\u00e9ate<\/a>. Cela m\u2019a permis de cr\u00e9er mon \u00e9quipe de recherche \u00e0 l\u2019Institut de Neurosciences Cognitives et Int\u00e9gratives d\u2019Aquitaine (INCIA), Bordeaux Neurocampus, en janvier 2024. La m\u00eame ann\u00e9e, j\u2019ai obtenu un poste de charg\u00e9e de recherche au CNRS.<\/p>\n<p><strong>Selon vous, quels ont \u00e9t\u00e9 les d\u00e9fis personnels et professionnels les plus importants que vous ayez eu \u00e0 relever pour atteindre ce stade de votre carri\u00e8re ?<\/strong><\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas une question simple, car devenir chercheuse implique une succession de petits d\u00e9fis, \u00e0 la fois personnels et professionnels. Si je devais en citer quelques-uns, sur le plan personnel, le plus marquant a sans doute \u00e9t\u00e9 de partir seule avec mes deux valises pour les \u00c9tats-Unis, afin de d\u00e9buter mon premier postdoctorat. Je ne savais pas exactement \u00e0 quoi m\u2019attendre, ni si j\u2019avais toutes les comp\u00e9tences requises pour ce poste. Finalement, cette exp\u00e9rience s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e \u00eatre l\u2019une des plus enrichissantes, tant sur le plan personnel que professionnel.<\/p>\n<p>Sur le plan professionnel, un d\u00e9fi important a \u00e9t\u00e9 de r\u00e9ussir \u00e0 partager et faire entendre mes id\u00e9es scientifiques. Cela n\u2019a pas toujours \u00e9t\u00e9 facile, je sais que parfois mes id\u00e9es n\u2019\u00e9taient pas prises en consid\u00e9ration du fait que je sois une femme. N\u00e9anmoins cette situation, bien que longue et difficile, n\u2019a \u00e9t\u00e9 qu\u2019un cas isol\u00e9 dans ma carri\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous \u00e9quilibr\u00e9 votre travail postdoctoral avec le d\u00e9veloppement de votre projet de recherche actuelle ?<\/strong><\/p>\n<p>Les diff\u00e9rents projets de recherche que j\u2019ai men\u00e9s pendant mes postdoctorats ont progressivement fa\u00e7onn\u00e9 l\u2019axe de recherche actuel de mon \u00e9quipe. Durant cette p\u00e9riode, j\u2019ai d\u00fb jongler entre la r\u00e9alisation des exp\u00e9riences n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019avancement de mes projets, la r\u00e9daction de demandes de financement et la maturation de mon projet scientifique. Mon second postdoctorat a repr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9tape charni\u00e8re dans ma carri\u00e8re, en particulier en vue des concours de charg\u00e9 de recherche. J\u2019ai alors eu la chance de pouvoir me consacrer pleinement \u00e0 certaines d\u00e9marches cl\u00e9s, comme la demande de financement pour le programme ATIP-Avenir. Cela a \u00e9t\u00e9 possible notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019appui de Claudia Fornari, la doctorante que j\u2019encadre, qui a pris le relais sur la majorit\u00e9 des exp\u00e9riences, ce qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u2019une grande aide. Concilier un travail de postdoctorat avec le d\u00e9veloppement d\u2019un axe de recherche ind\u00e9pendant demande un investissement important. Mon principal conseil serait d\u2019\u00e9tablir une relation de confiance avec son encadrant, son soutien est fondamental dans cette phase souvent stressante.<\/p>\n<p><strong>Si vous pouviez remonter dans le temps, \u00e0 quel moment de votre carri\u00e8re retourneriez-vous et que changeriez-vous\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne changerai rien car je sais que chaque \u00e9tape, les bonnes comme les plus difficiles, ont \u00e9t\u00e9 importantes pour en arriver l\u00e0 o\u00f9 je suis aujourd\u2019hui. Je sais \u00e9galement que chaque moment v\u00e9cu jusqu\u2019ici m\u2019a permis une r\u00e9flexion importante sur l\u2019environnement professionnel que je souhaitais cr\u00e9er au sein de mon \u00e9quipe afin de ne pas reproduire ce qui a pu \u00eatre difficile pour moi.<\/p>\n<p>Selon vous, quels sont les d\u00e9fis les plus importants que vous anticipez en tant que femme occupant une position de leadership en neurosciences ?<\/p>\n<p>Je pense que la position de leadership vient avec son lot de d\u00e9fis, que l\u2019on soit un homme ou une femme. Pour ma part, j\u2019ai pris ces responsabilit\u00e9s en m\u00eame temps que je suis devenue maman et j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 qu\u2019il n\u2019est pas toujours facile de concilier obligations professionnelles et vie familiale. Mais j\u2019ai confiance, je suis convaincue que l\u2019on peut mener de front, une belle carri\u00e8re scientifique et une vie familiale \u00e9panouie.<\/p>\n<p><strong>Si vous aviez un conseil \u00e0 donner aux jeunes chercheuses, quel serait-il ?<\/strong><\/p>\n<p>Mon conseil principal est de bien s\u2019entourer. Pendant le doctorat et le postdoctorat, avoir un ou plusieurs mentors est essentiel, ce sont des personnes qui vous soutiennent au quotidien et vous aident \u00e0 atteindre vos objectifs de carri\u00e8re. Je demande toujours conseil \u00e0 mes mentors de th\u00e8se et de postdoctorat aujourd\u2019hui. Pour les jeunes chercheuses, il est aussi crucial de s\u2019entourer de coll\u00e8gues bienveillants avec qui \u00e9changer librement, tant sur le plan scientifique que sur les choix importants li\u00e9s \u00e0 son \u00e9volution de carri\u00e8re. Ces personnes sont aussi l\u00e0 pour vous aider au quotidien, avec des petites choses qui peuvent sembler anodines mais qui sont tr\u00e8s pr\u00e9cieuses en d\u00e9but de carri\u00e8re. Enfin, faites-vous confiance, communiquez, osez et pers\u00e9v\u00e9rez.<\/p>\n<h2>A propos<\/h2>\n<p><strong>Entretien par Miles Simic (doctorante \u00e0 l\u2019IMN)<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Women\u2019s Voices<\/em> <em>(Voix de femmes)<\/em> <\/strong>est une s\u00e9rie d\u2019entretiens cr\u00e9\u00e9e par le Neurocampus Parity and Inclusion Committee (NeuroPIC), un groupe local engag\u00e9 dans la promotion de l\u2019\u00e9galit\u00e9 et l\u2019organisation d\u2019actions visant \u00e0 combler le foss\u00e9 entre les femmes et les hommes dans le monde universitaire. L\u2019objectif de cette section est d\u2019accro\u00eetre la visibilit\u00e9 des chercheuses en d\u00e9but de carri\u00e8re \u00e0 Bordeaux Neurocampus. Nous interrogeons les chercheuses sur leurs contributions scientifiques, leurs points de vue et leurs opinions sur l\u2019\u00e9quit\u00e9, la diversit\u00e9 et les pr\u00e9jug\u00e9s sexistes dans le monde universitaire. Gr\u00e2ce \u00e0 ces entretiens, nous souhaitons non seulement mettre en lumi\u00e8re leurs r\u00e9alisations, mais aussi servir d\u2019inspiration \u00e0 notre communaut\u00e9 scientifique et \u00e0 d\u2019autres femmes scientifiques.<\/p>\n<p><a href=\"\/?cat_ID=794\"><strong>Voir la s\u00e9rie d&rsquo;entretiens<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u00e9line Nicolas, responsable d&rsquo;\u00e9quipe \u00e0 l&rsquo;INCIA<\/p>\n","protected":false},"author":0,"featured_media":1225,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[],"tags":[],"class_list":["post-1224","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1224","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1224"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1224\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1225"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1224"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1224"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1224"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}