{"id":1654,"date":"2025-09-25T09:18:57","date_gmt":"2025-09-25T07:18:57","guid":{"rendered":""},"modified":"2025-09-25T13:30:01","modified_gmt":"2025-09-25T11:30:01","slug":"le-role-cache-de-la-moelle-epiniere-dans-la-sexualite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/2025\/09\/25\/le-role-cache-de-la-moelle-epiniere-dans-la-sexualite\/","title":{"rendered":"Le r\u00f4le cach\u00e9 de la moelle \u00e9pini\u00e8re dans la sexualit\u00e9"},"content":{"rendered":"<p class=\"accroche\"><a href=\"https:\/\/www.insb.cnrs.fr\/fr\/cnrsinfo\/le-role-cache-de-la-moelle-epiniere-dans-la-sexualite\"><strong>Source : CNRS biologie<\/strong><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<div id=\"attachment_188234\" style=\"width: 330px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-188234\" class=\"wp-image-188234\" src=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Lenschow-et-al-2025-image-vign.jpg\" alt=\"\" width=\"320\" height=\"213\" \/><p id=\"caption-attachment-188234\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Constanze Lenschow &amp; Ana Rita Mendes<\/p><\/div>\n<p class=\"accroche\"><strong>Nous pensions que le cerveau g\u00e9rait toutes les \u00e9tapes de l\u2019acte sexuel, \u00e0 l&rsquo;exception du r\u00e9flexe \u00e9jaculatoire final, organis\u00e9 dans la moelle \u00e9pini\u00e8re. De nouvelles d\u00e9couvertes chez la souris, publi\u00e9es dans <em>Nature Communications,<\/em> d\u00e9montrent \u00e0 l\u2019inverse que les circuits spinaux ne sont pas un simple relais passif ; au contraire, ils fa\u00e7onnent activement l&rsquo;excitation sexuelle, l&rsquo;accouplement et enfin l\u2019\u00e9jaculation. Parmi les auteurs : Constanze Lenschow, Camille Quilgars et Sandrine Bertrand, de l&rsquo;INCIA.<\/strong><\/p>\n<h3>La moelle \u00e9pini\u00e8re n\u2019est pas qu\u2019un simple interrupteur de l\u2019\u00e9jaculation<\/h3>\n<p>La moelle \u00e9pini\u00e8re ne se contente pas de d\u00e9clencher l\u2019\u00e9jaculation\u00a0: elle fa\u00e7onne aussi le comportement sexuel masculin, r\u00e9v\u00e8le une \u00e9tude publi\u00e9e dans la revue <em>Nature Communications<\/em>.<\/p>\n<p>Traditionnellement, on pensait que le cerveau contr\u00f4lait l\u2019excitation, la parade nuptiale et l\u2019accouplement tandis que la moelle \u00e9pini\u00e8re se limitait \u00e0 d\u00e9clencher l\u2019\u00e9jaculation de fa\u00e7on r\u00e9flexe. Un groupe de scientifiques d\u00e9montre au contraire, chez la souris, que les circuits de la moelle \u00e9pini\u00e8re participent aussi \u00e0 l\u2019excitation, \u00e0 l\u2019accouplement et au rythme des rapports sexuels.<\/p>\n<p>\u00ab <em>La moelle \u00e9pini\u00e8re n\u2019est pas simplement un relais passif ex\u00e9cutant les ordres du cerveau<\/em> \u00bb, explique Susana Lima, chercheuse principale du Laboratoire de Neuro\u00e9thologie de la Fondation Champalimaud au Portugal. \u00ab Elle int\u00e8gre les signaux sensoriels, r\u00e9agit \u00e0 l\u2019excitation et ajuste sa r\u00e9ponse en fonction de l\u2019\u00e9tat interne de l\u2019animal. \u00bb<\/p>\n<h3>Un circuit cl\u00e9 autour du muscle bulbospongieux<\/h3>\n<p>L\u2019\u00e9quipe s\u2019est concentr\u00e9e sur le muscle bulbospongieux (BSM), essentiel \u00e0 l\u2019expulsion du sperme. Lors de l\u2019\u00e9jaculation, ce muscle se contracte selon un sch\u00e9ma bien d\u00e9fini.<\/p>\n<p>En utilisant des souris g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es dont certains neurones de la moelle \u00e9pini\u00e8re (ceux qui produisent la mol\u00e9cule \u00ab\u00a0galanine\u00a0\u00bb et appel\u00e9s neurones Gal<sup>+<\/sup>) brillent sous lumi\u00e8re fluorescente, les scientifiques ont montr\u00e9 que ces neurones Gal<sup>+<\/sup> sont directement reli\u00e9s aux motoneurones qui commandent le BSM. Des enregistrements \u00e9lectrophysiologiques, avec la technique du patch-clamp, ont confirm\u00e9 que l\u2019activation des neurones Gal<sup>+<\/sup> stimule ces motoneurones gr\u00e2ce \u00e0 une connexion utilisant le neuror\u00e9cepteur glutamate.<\/p>\n<p>En stimulant ces neurones Gal<sup>+\u00a0<\/sup>par la lumi\u00e8re (optog\u00e9n\u00e9tique) ou par courant \u00e9lectrique, les scientifiques ont provoqu\u00e9 des contractions du muscle BSM chez ces souris, mais sans garantir une \u00e9jaculation compl\u00e8te, contrairement \u00e0 ce qui est observ\u00e9 chez le rat. De plus, des stimulations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es entra\u00eenaient des r\u00e9ponses de plus en plus faibles, sugg\u00e9rant l\u2019existence d\u2019une phase r\u00e9fractaire cons\u00e9cutive \u00e0 l\u2019activation musculaire.<\/p>\n<h3>Une vision r\u00e9vis\u00e9e du contr\u00f4le sexuel<\/h3>\n<p>Ces neurones Gal\u207a re\u00e7oivent \u00e9galement des signaux sensoriels provenant des organes g\u00e9nitaux. Les scientifiques ont montr\u00e9 chez des souris m\u00e2les \u00ab\u00a0spinalis\u00e9s\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire dont le cerveau est d\u00e9connect\u00e9 de la moelle \u00e9pini\u00e8re, qu\u2019une simple stimulation du p\u00e9nis active \u00e0 la fois les neurones Gal\u207a et les motoneurones du BSM. Cela d\u00e9montre que les signaux g\u00e9nitaux atteignent ce circuit spinal sans intervention du cerveau. De plus, des effets plus marqu\u00e9s \u00e9taient observ\u00e9s lorsque les signaux c\u00e9r\u00e9braux \u00e9taient absents (chez des souris spinalis\u00e9es), ce qui implique que le cerveau exerce normalement un contr\u00f4le inhibiteur sur ce circuit spinal, jusqu\u2019\u00e0 ce que les conditions pour l\u2019\u00e9jaculation soient r\u00e9unies.<\/p>\n<p>Lorsque les scientifiques ont d\u00e9sactiv\u00e9 s\u00e9lectivement les neurones Gal<sup>+<\/sup>, le comportement des souris m\u00e2les a chang\u00e9\u00a0: \u00e9jaculation retard\u00e9e, accouplements plus fr\u00e9quemment manqu\u00e9s et rythme des rapports perturb\u00e9. La contribution de ce circuit semble donc aller au-del\u00e0 de la simple m\u00e9canique de l\u2019\u00e9jaculation pour jouer un r\u00f4le actif dans l\u2019ensemble du comportement sexuel.<\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats remettent donc en question l\u2019id\u00e9e selon laquelle l\u2019\u00e9jaculation serait simplement un r\u00e9flexe ex\u00e9cut\u00e9 apr\u00e8s un feu vert du cerveau. Au contraire, le d\u00e9roulement de l\u2019acte sexuel semble fa\u00e7onn\u00e9 par un dialogue continu entre les signaux sensoriels, l\u2019\u00e9tat interne (y compris le fait qu\u2019une \u00e9jaculation ait pr\u00e9c\u00e9demment eu lieu ou non) et les circuits spinaux. Au c\u0153ur de ce processus, les neurones Gal\u207a apparaissent comme de v\u00e9ritables int\u00e9grateurs, capables de \u00ab\u00a0d\u00e9cider\u00a0\u00bb quand activer le sch\u00e9ma moteur en fonction des signaux re\u00e7us et de l\u2019\u00e9tat physiologique de l\u2019animal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-188239 alignnone\" src=\"https:\/\/www.bordeaux-neurocampus.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/Lenschow-et-al-2025-figure-770x701.jpg\" alt=\"\" width=\"484\" height=\"441\" \/><\/p>\n<p>\u00a9 Constanze Lenschow &amp; Ana Rita Mendes<\/p>\n<p><strong>Figure :<\/strong> Activit\u00e9 des neurones \u00e0 galanine de la moelle \u00e9pini\u00e8re en relation avec la phase de l\u2019acte sexuel chez la souris m\u00e2le. L\u2019activation de ces neurones sp\u00e9cifiques augmente progressivement tout au long du cycle jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9clencher l\u2019\u00e9jaculation.<\/p>\n<h3>R\u00e9f\u00e9rence<\/h3>\n<p><strong>Constanze Lenschow,<\/strong> Ana Rita P. Mendes, Liliana Ferreira, Bertrand Lacoste, Hugo Marques, Nicolas Gutierrez-Castellanos, <strong>Camille Quilgars<\/strong>, <strong>Sandrine S. Bertrand<\/strong> &amp; Susana Q. Lima<br \/>\n<em>A galanin-positive population of lumbar spinal cord neurons modulates sexual arousal and copulatory behavior in male mice.<\/em><br \/>\nNat Commun. 2025 Sep 23;16(1):8282. doi: <a class=\"ext\" title=\"(opens in a new window)\" href=\"https:\/\/doi.org\/10.1038\/s41467-025-63877-2\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\" data-extlink=\"\">10.1038\/s41467-025-63877-2<\/a>. PMID: 40987787.<\/p>\n<h2>Contact<\/h2>\n<p><strong>Constanze Lenschow<\/strong><br \/>\nCharg\u00e9e de recherche CNRS<br \/>\n<strong>Institut de neurosciences cognitives et int\u00e9gratives d&rsquo;Aquitaine<\/strong> (INCIA &#8211; CNRS\/Universit\u00e9 de Bordeaux)<br \/>\n<a href=\"mailto:constanze.lenschow@u-bordeaux.fr\" rel=\"noreferrer\">constanze.lenschow@u-bordeaux.fr<\/a><\/p>\n<p>En 2008, Constanze Lenschow a obtenu une licence en biologie \u00e0 Marbourg (Allemagne), puis un master en \u00ab Neurobiologie et comportement \u00bb \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 libre de Berlin (Allemagne). Durant ce master, elle a pass\u00e9 deux ans \u00e0 l\u2019INCIA \u00e0 Bordeaux avec Sandrine Bertrand, o\u00f9 elle a \u00e9tudi\u00e9 la plasticit\u00e9 de la moelle \u00e9pini\u00e8re chez la souris. Revenue \u00e0 Berlin pour son doctorat, elle s\u2019est int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l\u2019influence des contacts sociaux et sexuels sur les neurones du cortex c\u00e9r\u00e9bral. En 2017, elle a \u00e9t\u00e9 post-doctorante \u00e0 l\u2019Institut Champalimaud de Lisbonne, o\u00f9 elle a travaill\u00e9 sur les circuits neuraux de la moelle \u00e9pini\u00e8re li\u00e9s au comportement sexuel. \u00c0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2022, elle est devenue professeure de Biologie des circuits neuronaux \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Otto\u2011von\u2011Guericke de Magdebourg, poste qu\u2019elle occupe pendant deux ans. Depuis <span id=\"OBJ_PREFIX_DWT329_com_zimbra_date\" class=\"Object\" role=\"link\"><span id=\"OBJ_PREFIX_DWT366_com_zimbra_date\" class=\"Object\" role=\"link\">f\u00e9vrier 2025<\/span><\/span>, elle est charg\u00e9e de recherche \u00e0 l\u2019INCIA. Ses travaux portent sur les interfaces entre circuits neuronaux et comportements sociaux, explorant comment le cerveau influence nos fonctions corporelles \u2014 notamment le comportement sexuel \u2014 et inversement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Constanze Lenschow et al dans Nature Communications<\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":1655,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-1654","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-non-classifiee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1654","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1654"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1654\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1657,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1654\/revisions\/1657"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1655"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1654"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1654"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/incia.u-bordeaux.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1654"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}